Masjid al-Houdaibiyah
Masjid al-Houdaibiyah (arabe : مسجد الحديبية) est une mosquée qui marque l’emplacement du Traité de Houdaibiyah, accord de paix entre le Prophète ﷺ et la tribu des Qouraysh de la Mecque. Aujourd’hui, elle sert de Miqat pour les pèlerins qui se trouvent déjà dans la zone du Haram et qui ont l’intention d’entrer en état d’Ihram.
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Importance
Masjid al-Houdaibiyah est situé près de la Mecque, le long de l’ancienne route de Jedda, dans une zone aujourd’hui reconnue comme étant al-Shoumaisi, à environ 24 kilomètres du Masjid al-Haram.
Cette mosquée, également connue sous le nom de “Masjid al-Shoumaisi”, est l’un des points de Miqat pour ceux qui se trouvent déjà dans la zone du Haram. Site d’une grande importance, al-Houdaibiyah a servi d’escale cruciale pour les caravanes de pèlerins se rendant à la Mecque à travers les âges. À côté de la mosquée se trouvent les vestiges d’une ancienne structure en pierre remontant à l’époque ottomane.
Dans cette zone, il y a trois lieux importants :
- Le lieu où le traité d’al-Houdaibiyah a été conclu avec les Qouraysh.
- Un arbre sous lequel Bay’at al-Ridwan eut lieu.
- Un puits où le Prophète Mohammad ﷺ accomplit le miracle de faire déborder l’eau, assurant la survie de 1 500 Compagnons et de leurs animaux.
Histoire
L’année 6 de l’Hégire (628 de l’ère chrétienne) a été marquée par deux événements marquants dans l’histoire de l’Islam : Bay’at al-Ridwan (“l’Alliance de la Satisfaction”) et le traité d’al-Houdaibiyah. Ces événements revêtent une grande importance, car ils ont servi de base aux victoires et aux conquêtes ultérieures. Initialement, le traité d’al-Houdaibiyah pouvait sembler désavantageux pour les musulmans, mais Allah lui a conféré le titre de “Fath Moubin” (Victoire Manifeste) :
نَّا فَتَحْنَا لَكَ فَتْحًۭا مُّبِينًۭا
En vérité, Nous t’avons donné (ô Mohammad صلى الله عليه وسلم) une victoire manifeste.
[Sourate al-Fath, 48:1].
Six années s’étaient écoulées depuis que le Prophète ﷺ avait émigré à Médine. Après s’être vu interdire l’accès au Masjid-al Haram par les Qouraysh mécréants, les musulmans désiraient ardemment se rendre à la Kaaba.
Un jour, alors qu’ils étaient réunis au Masjid al-Nabawi, le Messager d’Allah ﷺ informa les Compagnons d’une vision qu’il avait eue, selon laquelle ils entreraient dans le sanctuaire sacré de la Mecque en toute sécurité, le crâne rasé, sans armes et sans crainte pour leur sécurité. En entendant cette nouvelle, les musulmans exprimèrent leur gratitude à Allah pour Sa grâce et répandirent avec enthousiasme la bonne nouvelle dans tout Médine. Cependant, les moyens par lesquels cette vision se réaliserait restaient un mystère pour eux.
En Dhoul al-Qa’dah 6 de l’Hégire, le Prophète ﷺ, accompagné d’environ 1 500 Compagnons, se prépara au voyage pour accomplir la Omra. Ils revêtirent l’ihram et se mirent en route pour la Mecque. Conscient des obstacles potentiels à venir, le Prophète ﷺ envoya un membre de la tribu des Khouza’ah pour recueillir des informations sur les mouvements des mécréants de la Mecque.
En arrivant à Ousfan, le messager revint avec des nouvelles inquiétantes : les mécréants de la Mecque, ainsi que des tribus d’autres Arabes, s’étaient unis pour empêcher les musulmans d’entrer à la Mecque.
Les mécréants de la Mecque, soutenus par leurs tribus alliées, avaient rassemblé une armée pour empêcher les musulmans d’entrer dans la ville. Cette armée impressionante s’avança jusqu’à Baldah et y établit son camp. Pendant ce temps, Khalid ibn al-Walid et Ikrimah ibn Abi Jahl L, à la tête d’un contingent de 200 soldats d’élite, se rendirent rapidement à cheval à al-Ghamim.
Voyant le bataillon approcher à l’horizon, le Messager d’Allah ﷺ demanda à ses Compagnons de changer de cap et d’emprunter une route moins fréquentée. Ils finirent par atteindre al-Houdaibiyah, où ils établirent leur campement, suivant les conseils du Prophète ﷺ.
À al-Houdaibiyah
En atteignant la plaine d’al-Houdaibiyah, la chamelle du Messager d’Allah ﷺ, nommée al-Qaswa, s’arrêta. Au départ, les musulmans supposèrent que cela était dû à la fatigue. Cependant, le Prophète ﷺ expliqua qu’elle avait été arrêtée par la même puissance qui avait empêché l’éléphant de l’armée d’Abraha d’entrer à La Mecque.
Al-Miswar ibn Makhrama et Marwan L racontèrent :
Le Prophète ﷺ continua d’avancer jusqu’à ce qu’il atteigne la Thaniya (c’est-à-dire un chemin montagneux) par laquelle on irait vers eux (c’est-à-dire les gens de Qouraysh). La chamelle du Prophète ﷺ s’assit. Les gens firent de leur mieux pour que la chamelle se lève, mais en vain, alors ils dirent : Al-Qaswa (le nom de la chamelle) est devenue têtue ! Le Prophète ﷺ dit : Al-Qaswa n’est pas devenue têtue, car l’entêtement n’est pas dans ses habitudes, mais elle a été arrêtée par Celui qui a arrêté l’éléphant.
[Raconté dans Sahih al-Boukhari]
Un miracle du Prophète ﷺ
À al-Houdaibiyah, l’eau était rare, avec un seul puits qui n’apporta qu’un soulagement temporaire avant de se tarir. En réponse à la soif des Compagnons, le Messager d’Allah ﷺ accomplit un acte miraculeux : il plaça ses mains bénies dans un bol, d’où l’eau jaillit de ses doigts bénis. Suite à cela, il versa le reste de l’eau de son woudhou dans le puits, ce qui le fit déborder instantanément. Cet acte miraculeux permit d’assurer un approvisionnement abondant en eau pour tous les Compagnons et leur bétail pendant leur séjour à al-Houdaibiyah.
Salim ibn Abi al-Ja’d raconte que Jabir bin Abd Allah L dit :
Le jour d’Al-Houdaibiyah, les gens eurent très soif. Un petit bol contenant de l’eau se trouvait devant le Prophète ﷺ et lorsqu’il eut terminé l’ablution, les gens se précipitèrent vers lui. Il leur demanda : ” Qu’est-ce qui ne va pas ?” Ils répondirent : ” Nous n’avons d’eau ni pour faire les ablutions ni pour boire à part celle qui se trouve devant toi”. Il plaça alors sa main dans le bol et l’eau commença à couler entre ses doigts comme une source. Nous avons tous bu et fait nos ablutions (du bol). Je demandais à Jabir : “Combien étiez-vous ?” Il répondit : “Même si nous avions été cent mille, cela nous aurait suffi, mais nous étions quinze cents”.
[Raconté dans Sahih al-Boukhari]
Bay’at al-Ridwan
Alors qu’il était basé à al-Houdaibiyah, le Messager d’Allah ﷺ a observé les préparatifs impressionants des Qouraysh, qui étaient prêts pour la guerre avec une grande armée, tandis que les musulmans étaient vêtus de l’ihram pour la Omra. Dans l’état sacré de l’iham, il est interdit de faire du mal à un insecte sans parler de se battre.
Conscient de cette situation délicate, le Messager d’Allah ﷺ décida qu’il serait plus prudent de négocier un accord avec les mécréants de la Mecque plutôt que de recourir à un conflit armé. Dans un premier temps, il choisit Omar I pour entreprendre cette tâche. Omar, conscient de la gravité de la situation et du manque de soutien de sa tribu à la Mecque, refusa respectueusement, invoquant l’énorme opposition à laquelle il serait confronté de la part de ses ennemis parmi les Qouraysh.
Omar suggéra alors au Messager d’Allah ﷺ d’envoyer Othman I pour proposer un traité de paix. Le Messager d’Allah ﷺ choisit donc Othman pour cette importante mission. À son arrivée à la Mecque, Othman transmit la proposition de traité de paix du Prophète ﷺ aux mécréants. En raison de son bon caractère et de sa bienveillance envers les membres de sa tribu, Othman jouissait d’un grand honneur et d’un grand respect parmi les Qouraysh. En conséquence, ils s’abstinrent de lui faire du mal et lui permirent d’accomplir la Omra sans entrave.
Cependant, ils refusèrent catégoriquement de permettre au Prophète Mohammad ﷺ de s’approcher de la Kaaba. En réponse, Othman affirma fermement sa loyauté envers le Prophète ﷺ et son engagement à n’accomplir la Omra qu’en présence du Messager d’Allah ﷺ.
Alors que la discussion entre Othman et les Qouraysh s’intensifiait, les tensions augmentèrent ce qui conduit en définitive à sa détention temporaire à la Mecque. Pendant ce temps, au camp d’al-Houdaibiyah, une rumeur commença à circuler parmi les compagnons selon laquelle Othman avait été tué par les Qouraysh.
En entendant les rumeurs inquiétantes sur l’éventuel martyre d’Othman, le Messager d’Allah ﷺ exprima sa profonde inquiétude. Il déclara : “Si Othman a vraiment été martyrisé, alors venger son martyre est obligatoire.”
Par la suite, le Messager d’Allah ﷺ rassembla ses compagnons sous un mimosa, les exhortant à lui promettre une loyauté et un soutien indéfectibles jusqu’à leur dernier souffle. En réponse, chaque compagnon présent tendit la main en signe d’engagement solennel, marquant ainsi l’établissement de la Bay’at al-Ridwan.
Allah mentionne cet événement et l’arbre sous lequel cela s’est déroulé dans le Coran :
إِنَّ ٱلَّذِينَ يُبَايِعُونَكَ إِنَّمَا يُبَايِعُونَ ٱللَّهَ يَدُ ٱللَّهِ فَوْقَ أَيْدِيهِمْ ۚ فَمَن نَّكَثَ فَإِنَّمَا يَنكُثُ عَلَىٰ نَفْسِهِۦ ۖ وَمَنْ أَوْفَىٰ بِمَا عَـٰهَدَ عَلَيْهُ ٱللَّهَ فَسَيُؤْتِيهِ أَجْرًا عَظِيمًۭا
Ceux qui te prêtent serment d’allégeance [Prophète] c’est à Dieu qu’ils le prêtent – la main de Dieu est posée au dessus des leurs. Celui qui viole son serment le viole à son propre détriment. Celui qui demeure fidèle à son engagement, Dieu lui accordera une grande récompense.
[Sourate al-Fath, 48:10]
Dans la Sourate Al-Fath, Allah fait l’éloge des compagnons qui ont prêté allégeance à al-Houdaibiyah :
لَّقَدْ رَضِىَ ٱللَّهُ عَنِ ٱلْمُؤْمِنِينَ إِذْ يُبَايِعُونَكَ تَحْتَ ٱلشَّجَرَةِ فَعَلِمَ مَا فِى قُلُوبِهِمْ فَأَنزَلَ ٱلسَّكِينَةَ عَلَيْهِمْ وَأَثَـٰبَهُمْ فَتْحًۭا قَرِيبًۭا
Dieu a été satisfait des croyants lorsqu’ils t’ont prêté serment d’allégeance [Prophète] sous l’arbre : Il savait ce qu’il y avait dans leurs cœurs, il a fait descendre sur eux la tranquillité et les a récompensés par une victoire rapide.
[Sourate al-Fath, 48:18]
C’est pour cette raison que ce serment d’allégeance a été appelé Bay’at al-Ridwan (l’allégeance à l’agrément d’Allah).
Jabir I raconta que le Messager d’Allah ﷺ dit :
Aucun de ceux qui ont prêté sermentb d’allégeance sous l’arbre n’entrera dans le feu.
[Raconté dans al-Tirmidhi]
Après que les musulmans eurent finalisé leur engagement, le Messager d’Allah ﷺ s’engagea de la même façon au nom d’Othman, en invoquant : ” Ô Allah, Othman est dévoué à Ton service et au service de Ton messager”. La présence d’Othman à Bay’at al-Ridwan fut reconnue. Peu après cet événement, on découvrit que les rumeurs du martyre d’Othman n’étaient pas fondées. Il fut ensuite libéré par ses ravisseurs et retrouva le Messager d’Allah ﷺ.
Le traité de al-Houdaibiyah
Le traité d’al-Houdaibiyah eut lieu après un message apporté au Messager d’Allah ﷺ par Boudayl ibn Warqa’ al-Khouza’i, accompagné de certains membres de sa tribu. Bien que leur tribu, les Banou Khuza’ah, n’ait pas encore embrassé l’Islam, ils restaient des alliés et des partisans sincères du Prophète ﷺ. Boudayl informa le Prophète Mohammad ﷺ que les chefs de Qouraysh avaient rassemblé une armée importante dans l’intention d’empêcher les musulmans d’accéder à la Sainte Kaaba. L’armée de Qouraysh était bien équipée pour le combat, avec notamment de nombreuses provisions et du bétail.
En réponse, le Messager d’Allah ﷺ fit valoir à Boudayl que les musulmans n’avaient aucune intention de se battre et qu’ils étaient uniquement focalisés sur l’accomplissement de la Omra. Il proposa à Boudayl de transmettre un message aux Qouraysh, suggérant qu’au lieu de s’engager dans un conflit, il serait plus bénéfique pour les deux parties d’accepter une trêve pour une période déterminée. Cependant, le Prophète ﷺ précisa également que si les Qouraysh insistaient pour se battre, lui et les musulmans étaient prêts à se défendre jusqu’au dernier souffle.
Après avoir reçu la permission des hommes d’État les plus âgés et les plus sages de Qouraysh, Boudayl transmit le message du Messager d’Allah ﷺ, malgré l’opposition de certains jeunes membres de la tribu de Qouraysh qui étaient farouchement opposés à l’écoute du message.
Après avoir entendu la proposition, Ourwah ibn Mas’oud al-Thaqafi, un chef important des Qouraysh, se leva et s’adressa à son peuple, soulignant leurs liens familiaux et sa propre intégrité. Il demanda la permission de discuter des détails de la proposition avec le Messager d’Allah ﷺ, ce que les Qouraysh accordèrent.
Lors de sa rencontre avec le Prophète Mohammad ﷺ, Ourwah exprima son scepticisme quant aux intentions des musulmans et leur déconseilla de s’engager dans une bataille. Il exprima également des doutes sur la loyauté de certains individus au sein de l’armée musulmane. Cela irrita Abou Bakr al-Siddiq I, qui défendit fermement le Prophète Mohammad ﷺ.
Au cours de sa conversation avec le Prophète Mohammad ﷺ, Ourwah tira avec insolence sur la barbe du Prophète ﷺ à plusieurs reprises, se considérant comme faisant autorité. Cet acte provoqua al-Moughirah ibn Shou’bah I.. Incapable de tolérer ce manque de respect, al-Moughirah frappa la main d’Ourwah avec son fourreau et lui recommanda de s’abstenir de toucher la barbe bénie du Prophète ﷺ. Ourwah, reconnaissant al-Moughirah, l’accusa de trahison, citant un incident passé où il avait aidé al-Moughirah malgré son infraction.
De retour chez les Qouraysh, Ourwah leur fit part de ses observations, émerveillé par la profonde obéissance dont les Compagnons faisaient preuve à l’égard du Prophète Mohammad ﷺ. Il décrit comment même la salive du Prophète ﷺ était estimée par ses disciples, qui la recevaient avec empressement par amour et respect. Il dit :
A mon peuple ! Par Allah ! Si Mohammad ﷺ crachait, cela ne toucherait pas le sol mais atterrirait sur la main de l’un de ses Compagnons qui, par amour et révérence, s’en servirait pour s’essuyer le visage et le corps. Chaque fois que Mohammad ﷺ donne un ordre, chaque Compagnon se précipite pour l’exécuter. Ils rivalisent même pour obtenir l’eau restante de son woudhou, au point où les épées pourraient être tirées pour la compétition. Lorsque Mohammad ﷺ parle, ses Compagnons se taisent et écoutent attentivement. Leur révérence est telle qu’aucun n’ose croiser directement son regard. J’ai visité les cours de rois comme César, Khosrau et l’empereur d’Abyssinie, mais je jure par Allah ! Je n’ai jamais été témoin de serviteurs qui font preuve d’un plus grand respect à un roi que les Compagnons n’en montrent à Mohammad ﷺ.
Inspiré par le récit d’Ourwah, Houlays ibn Alqamah, représentant la tribu des Banou Kinanah, demanda aux Qouraysh la permission d’aller voir le Messager d’Allah ﷺ. En voyant les musulmans en tenue d’ihram et avec des animaux sacrificiels, il fut profondément ému et conclut qu’il ne fallait pas les empêcher de se rendre à la Kaaba.
Un autre envoyé des Qouraysh, Souhayl ibn Amr, fut alors dépêché pour négocier les termes d’un traité de paix entre les deux parties.
À son arrivée, Souhayl invita le Prophète Mohammad ﷺ à négocier et à préparer un accord. Acceptant l’offre, le Messager d’Allah ﷺ fit appel à Ali I pour rédiger les termes de l’accord. Des discussions approfondies s’ensuivirent entre le Messager d’Allah ﷺ et Souhayl ibn Amr, aboutissant à la finalisation de dispositions spécifiques.
Le Messager d’Allah ﷺ demanda à Ali de commencer à écrire ce qui suit :
بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَـٰنِ الرَّحِيمِ
Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux.
Souhayl souleva une objection, déclarant : “En ce qui concerne ‘al-Rahman’, je n’en connais pas le sens. Écrivez plutôt :
بِاسْمِكَ اللَّهُمَّ
En votre nom, ô Allah.
…une déclaration acceptée par vous et moi.”
Les musulmans, quant à eux, insistèrent sur le fait que :
بِسْمِ اللَّهِ الرَّحْمَـٰنِ الرَّحِيمِ
est ce qui devait être écrit, sans rien d’autre pour le remplacer.
Le Messager d’Allah ﷺ demanda cependant à Ali d’écrire :
بِاسْمِكَ اللَّهُمَّ
Et ensuite ce qui suit :
هَـذَا مَا قَاضَي عَلَيْهِ مُحَمَّدٌ رَسُولُ اللهِ
Telles sont les conditions d’une trêve acceptée par Mohammad, le Messager d’Allah.
Souhayl intervint à nouveau en disant : ” Par Allah ! Si nous t’avions reconnu comme le Prophète d’Allah, nous ne t’aurions pas interdit l’accès à la Kaaba et nous n’aurions pas engagé de combat contre toi. Par conséquent, au lieu d’inscrire “Messager d’Allah”, tu dois inscrire :”
مُحَمَّد ابْن عَبْدِ اللهَ
Mohammad, fils d’Abd Allah.
Le Messager d’Allah ﷺ répondit fermement : “Par Allah ! Je suis bien Mohammed, le messager d’Allah, et Mohammed, le fils d’Abd Allah. Cependant, tu rejettes mon rôle de Messager d’Allah.”
Le Prophète ﷺ demanda à Ali de remplacer la formule “Mohammad, le Messager d’Allah” par “Mohammad ibn Abd Allah”.
Ali déclara respectueusement : “Ô Messager d’Allah ﷺ, je ne peux pas me résoudre à effacer ton nom estimé !”
Le Prophète ﷺ demanda alors qu’on lui montre l’endroit où la phrase était écrite. Après qu’Ali l’eut indiqué, le Prophète ﷺ supprima lui-même les mots “Messager d’Allah” du document.
Dispositions du traité
Les termes du traité étaient les suivants :
- Cessation immédiate des hostilités pour une période de dix ans entre les musulmans et les Qouraysh.
- Les musulmans doivent retourner à Médine sans accomplir la Omra cette année-là.
- Les musulmans sont autorisés à accomplir la Omra l’année suivante, limitée à un séjour maximum de trois jours à la Mecque.
- Les musulmans ne sont autorisés à porter que des épées au fourreau, sans autres armes.
- Les musulmans résidant à La Mecque doivent y rester et ne pas émigrer à Médine. Toutefois, tout musulman choisissant de retourner de Médine à La Mecque ne rencontrera aucun obstacle.
- Les émigrants, qu’ils soient musulmans ou non musulmans, à Médine seront renvoyés à la Mecque. Inversement, les musulmans qui s’installent à la Mecque ne sont pas renvoyés.
- Les tribus arabes conservent la liberté de s’aligner sur l’un ou l’autre camp, selon leur choix.
Si ces conditions semblaient initialement désavantager les musulmans, poussant certains compagnons à exprimer leurs réserves quant à l’acceptation de la trêve, ils se soumirent finalement au Messager d’Allah ﷺ et l’acceptèrent. À la suite du traité, les musulmans firent leurs sacrifices, se rasèrent la tête et quittèrent l’état d’Ihram avant de retourner à Médine. Le Prophète ﷺ, accompagné de ses Compagnons, revint l’année suivante, en l’an 7 de l’Hégire (643 de l’ère chrétienne), pour accomplir la Omra conformément à l’accord.
Bien que semblant défavorable à première vue, le traité s’est avéré très bénéfique pour les musulmans. Il leur a donné la liberté de propager l’islam ouvertement, ce qui a permis aux non-croyants d’acquérir une meilleure compréhension plus profonde de la véritable nature de l’Islam. En conséquence, en l’espace de deux ans seulement, l’islam s’est propagé dans tous les coins de la Mecque, les gens se convertissant à la religion en masse.




