Hajar al-Aswad
Hajar al-Aswad (arabe : الحجر الأسود ; “la Pierre Noire”), également orthographié Hajr-e-Aswad, est une pierre sacrée enchâssée dans de l’argent située dans le coin sud-est de la Kaaba. On pense qu’elle est descendue du ciel. D’après une tradition du Prophète ﷺ, elle était à l’origine de couleur blanche, mais elle est devenue noire après avoir absorbé les péchés de l’homme. Le Hajar al-Aswad est le point de départ et d’arrivée de chaque circuit pendant le rite du Tawaf, à partir duquel les pèlerins sont censés embrasser, toucher ou faire un geste vers la pierre lorsqu’ils passent devant elle, dans le cadre d’un rituel appelé Istilam.
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Description du Hajar al-Aswad
Le Hajar al-Aswad est situé dans l’angle sud-est de la Kaaba, au cœur du Masjid al-Haram à La Mecque. Il est également connu sous le nom “d’Objet du Ciel” ou “d’Etoile du Paradis”. La Pierre se compose de sept ou huit petits fragments noirs d’une roche distincte, fusionnés et enchâssés dans une armature en argent. Cette disposition laisse un espace d’environ 30 cm de diamètre situé à 1,5 mètre au-dessus du sol.
C’était à l’origine une pierre complète. Cependant, au cours des siècles, elle a subi des dommages lors de divers incidents, notamment après avoir été dérobée par les Qarmates. De ce fait, elle est aujourd’hui fragmentée en huit morceaux de tailles différentes, le plus grand ressemblant à une datte de par la taille. Ces morceaux ont été soigneusement fixés sur une pierre plus grande et enfermés dans une armature en argent pour les protéger.
Le Hajar al-Aswad est apposé à l’angle sud-est de la Kaaba, appelé al-Roukn al-Aswad (“l’Angle de la Pierre Noire”). À l’inverse, une autre pierre, le Hajar as-Sa’adah (la “pierre de la félicité”), est placée à l’angle opposé de la Kaaba, appelé al-Roukn al-Yamani (le “Coin Yéménite”), bien qu’à un niveau légèrement inférieur à celui du Hajar al-Aswad.
Pendant des siècles, les sultans ottomans, en leur qualité de gardiens des deux Saintes Mosquées, ont entretenu l’armature en argent entourant la Pierre Noire et la Kiswa ornant la Kaaba. Les manipulations constantes des pèlerins entraînèrent leur détérioration progressive, ce qui nécessitait de les remplacer périodiquement. Lorsque l’armature en argent et la kiswa étaient usés, elles étaient envoyées à Istanbul, où elles sont toujours conservées aujourd’hui en tant que reliques vénérées au sein du palais de Topkapi.
Au fil du temps, la surface de la Pierre Noire a été usée par le toucher et les baisers d’innombrables pèlerins, ce qui lui a donné une apparence brun-rougeâtre à noir avec des particules jaunâtres. La bordure qui l’entoure dépasse légèrement de la surface de la pierre. Ali Bey en a donné une description, la caractérisant comme suit :
Un bloc de basalte volcanique, parsemé de petits cristaux pointus ressemblant à de la paille, avec des motifs rhombiques rouge tuile sur un fond sombre, semblable à du velours ou du charbon de bois, à l’exception d’une protubérance qui est rougeâtre.
Le Hajar al-Aswad a attiré l’attention dans la littérature occidentale à travers les récits de voyageurs européens en Arabie au cours du 19e et du début du 20e siècle de l’ère chrétienne. Johann Ludwig Burckhardt, qui a visité La Mecque en 1814, a fourni une première description de la pierre comme étant ovale de forme irrégulière avec des surfaces inégales, d’un diamètre d’environ dix-huit centimètres. En 1817, Ritter von Laurin eut l’occasion d’examiner un fragment de la Pierre, qui avait été déplacée par Moḥammad Ali Pacha, vice-roi d’Égypte. Von Laurin l’a décrite comme ayant un extérieur d’un noir absolu et un intérieur gris argenté, à grain fin, avec de minuscules cubes d’un matériau vert bouteille incrustés à l’intérieur. Thomas E. Lawrence, le célèbre Lawrence d’Arabie (1888-1935), a également eu l’opportunité de voir le Hajar al-Aswad.
Parmi les érudits ultérieurs, le calligraphe Mohammad Tahir al-Kourdi a décrit et illustré la Pierre Noire. Il déclara :
Ce qui est visible de la Pierre Noire à notre époque, au milieu du XIVe siècle de l’Hégire, consiste en huit petits morceaux de différentes tailles. Le plus gros morceau est de la taille d’une seule datte, qui s’était brisé lors d’attaques précédentes par des agresseurs ignorants. Il y a cinquante ans, au début du XIVe siècle de l’Hégire, quinze morceaux étaient visibles.
Les vertus du Hajar al-Aswad
De nombreux hadiths présentent les vertus attribuées au Hajar al-Aswad :
Abdoullah ibn Omar I raconta que le Prophète ﷺ dit :
Toucher la Pierre Noire et le Coin Yéménite efface effectivement les péchés.
[Raconté dans Mousnad Ahmad]
Abou Hourayrah I raconta que le Messager d’Allah ﷺ dit :
La Pierre Noire (Hajar al-Aswad) est descendue du Paradis, et elle était plus blanche que le lait. Par la suite, les transgressions des enfants d’Adam la noircirent.
[Raconté dans Jami’ al-Tirmidhi]
Ibn Hisham I dit :
J’ai demandé à Ata I: “Qu’est-ce qui t’est parvenu au sujet de la Pierre Noire ?” Il a dit : “Abou Hourayrah I m’a informé qu’il avait entendu le Messager d’Allah ﷺ dire : “Quiconque communique avec elle, c’est comme s’il avait communiqué avec al-Rahman (le Tout Miséricordieux).””
[Raconté dans Sounan Ibn Majah]
Abou Hourayrah I relaya que le Messager d’Allah ﷺ a dit ce qui suit au sujet de la Pierre Noire :
Je jure par Allah qu’Allah la ressuscitera le jour de la Résurrection avec deux yeux qui lui permettront de voir et une langue qui lui permettra de parler. ElIe témoignera avec vérité pour quiconque aura fait l’Istilam sur elle.
[Raconté dans Jami’ al-Tirmidhi, Sounan Ibn Majah et Sounan al-Darimi].
Zoubayr ibn Adiyy I dit :
Un homme interrogea Ibn Omar I sur l’accomplissement de l’Istilam du Hajar al-Aswad. Il répondit : “J’ai vu le Messager d’Allah ﷺ la toucher et l’embrasser”.
[Raconté dans Sahih al-Boukhari]
Histoire du Hajar al-Aswad

Avant le Prophète Mohammad ﷺ
Selon la tradition islamique, la Pierre Noire a été apportée du ciel par l’ange Jibril S à l’époque du Prophète Adam S. Selon l’érudit ibn Sa’d, lorsque le Prophète Adam S a accompli le Hajj, il a placé le Hajar al-Aswad sur la montagne d’Abou Qoubais.
La Pierre a été conservée sur la montagne pendant le Déluge à l’époque du Prophète Nouh S. Elle a ensuite été placée à l’endroit prévu dans la Kaaba par le Prophète Ibrahim et son fils, le Prophète Ismail. o.
Selon l’historien al-Ya’qoubi, Allah a ordonné à Ibrahim de construire la Kaaba. Ibrahim, ainsi qu’Ismail, ont accepté cette responsabilité sacrée. Alors qu’ils avançaient dans la construction, ils atteignirent l’endroit où le Hajar al-Aswad devait être placé. La Pierre, qui avait été conservée sur le Jabal Abou Qoubais, fut alors placée par les hommes à l’endroit désigné.
Du vivant du Prophète ﷺ
Du vivant du Prophète Mohammad ﷺ, un événement important s’est produit concernant le Hajar al-Aswad. À la suite d’une crue soudaine dans la région, la Kaaba fut gravement endommagée. La tribu de Qouraish, chargée de la garde de la Kaaba, décida alors d’entreprendre sa reconstruction et sa réparation.
Les quatre tribus de Qouraish se mirent d’accord pour répartir les dépenses à engager, et les travaux commencèrent. Cependant, lorsque vint le moment de placer la Pierre Noire à sa place, une dispute éclata entre les tribus pour savoir à qui reviendrait l’honneur d’insérer la Pierre dans la Kaaba. L’un des anciens de Qouraish résolut le problème en déclarant que la prochaine personne à entrer dans le sanctuaire de la Kaaba devrait décider et choisir la personne légitime. La personne qui entra alors dans le sanctuaire n’était autre que le Prophète Mohammad ﷺ. Avec une grande sagesse, le Prophète ﷺ résolut le dilemme en suggérant que la Pierre Noire soit placée sur un grand voile, les membres des quatre tribus tenant chaque coin du tissu pour la soulever et la remettre à sa place.
Une fois le voile soulevé près de l’endroit désigné dans la Kaaba, le Prophète Mohammad ﷺ prit l’initiative de soulever le Hajar al-Aswad et de le placer à sa place légitime dans la structure sacrée.
Abdoullah ibn al-Zoubayr I
Sous le règne d’Abdoullah ibn al-Zoubayr I, la Kaaba fut reconstruite en 65 de l’Hégire (685 de l’ère chrétienne) après avoir été endommagée par un incendie pendant le siège de La Mecque par Yazid ibn Mou’awiya. Le conflit éclata lorsque Abdoullah ibn al-Zubayr refusa de prêter allégeance à Yazid ibn Mou’awiya, ce qui entraîna une révolte à Médine. En réponse, Yazid envoya une armée dirigée par Mouslim ibn Ouqba à Médine, puis à La Mecque. Bien que Yazid soit mort avant d’atteindre La Mecque, son successeur, al-Hussayn ibn Noumayr, poursuivit le siège.
S’emparant de positions stratégiques autour de La Mecque, Al-Housayn lança des attaques contre Abdoullah ibn al-Zoubayr et ses partisans, qui s’étaient retranchés à l’intérieur du Masjid al-Haram. Ces attaques endommagèrent la Kaaba du fait des projectiles des catapultes et des tirs. Al-Houssayn se retira par la suite de La Mecque.
Comme la Kaaba était gravement endommagée, Abdoullah ordonna la démolition de ses vestiges. La Pierre Noire s’était fracturée en trois morceaux pendant cette terrible épreuve, ce qui incita Abdoullah à fixer les morceaux ensemble avec de l’argent et à les garder chez lui jusqu’à ce que les murs de la Kaaba soient reconstruits conformément à leur position d’origine. Abdoullah ibn al-Zubayr est reconnu comme étant le premier à avoir encastré le Hajar al-Aswad dans de l’argent.
Malgré l’absence du Hajar al-Aswad pendant la reconstruction, le Tawaf s’est poursuivi autour d’une structure temporaire en bois. Cependant, dès que les murs furent reconstruit au niveau initial de la Pierre Noire, celle-ci fut rapidement mise en place, avec deux pierres solidement fixées dessus.
Les Qarmates
Le Hajar al-Aswad a subi de nombreux vols au cours de l’histoire. L’un des plus importants fut l’évènement impliquant les Qarmates, secte chiite ismaélienne radicale de Bahreïn. Lors de cet événement, les Qarmates se sont emparés de la pierre et l’ont caché pendant 22 ans.
Le pillage de La Mecque eut lieu le jour de Tarwiyah en l’an 317 de l’Hégire (930 de l’ère chrétienne), orchestré par Abou Tahir al-Jannabi, souverain de Bahreïn et chef des Qarmates. Exploitant la vulnérabilité des pèlerins en état d’ihram, les Qarmates attaquèrent La Mecque, saccagèrent la Kaaba, arrachèrent la Pierre Noire et la transportèrent à Hajar (dans l’actuel Bahreïn). On estime que les Qarmates tuèrent environ 30 000 personnes à La Mecque au cours de leur violente campagne.
L’assaut de La Mecque et la profanation de ses sites sacrés provoquèrent un choc et une indignation généralisés dans l’ensemble du monde musulman. Ils mirent également en évidence la vulnérabilité du gouvernement abbasside. Les abbassides et le calife fatimide, Abdallah al-Mahdi, condamnèrent les actions d’Abou Tahir et exigèrent instamment la restitution de la Pierre Noire. Malgré ces appels, Abou Tahir ne tint pas compte de ces lettres et préféra étendre son pouvoir.
Par la suite, vers 318 de l’Hégire (931 de l’ère chrétienne), ils établirent un autre lieu de pèlerinage à al-Jeshah, à al-Ahsa, après le transfert de la Pierre Noire. Malgré leurs tentatives pour contraindre les habitants de la région de Qatif à accomplir le Hajj dans ce nouveau lieu, la résistance conduit à de nouvelles effusions de sang.
Dans les années qui suivirent, les Qarmates négocièrent avec le gouvernement abbasside, ce qui aboutit à la signature d’un traité de paix en 327 de l’Hégire (939 de l’ère chrétienne). Finalement, en 339 de l’Hégire (951 de l’ère chrétienne), la Pierre Noire fut restituée à La Mecque.
Ibn Kathir décrit le retour du Hajar al-Aswad à son emplacement d’origine :
En l’an béni 339, au cours du mois de Dhoul-Qa’dah, la Pierre Noire mecquoise fut remise à sa place dans la Maison par les Qarmates. Le prince Bajkam al-Tourki offrit 50 000 dinars à la condition qu’elle soit restituée, mais son offre fut rejetée. Finalement, la pierre fut renvoyée à La Mecque sans aucune condition. Son arrivée en Dhoul-Qa’dah cette année-là suscita une immense joie parmi les musulmans, car elle marquait la fin d’une absence de 22 ans.
Autres incidents
Dans son livre “Ithaf Al-Wari Bi Akhbar Oum Al-Qoura”, Ibn Fahd Al-Makki relate un événement survenu en 363 de l’Hégire (973 de l’ère chrétienne) impliquant un chrétien originaire de l’empire romain. Cet homme avait reçu une somme d’argent importante pour profaner la Kaaba. Arrivé à l’angle, il frappa la Pierre Noire avec une pioche. Alors qu’il s’apprêtait à frapper à nouveau, un Yéménite qui effectuait le Tawaf autour de la Kaaba tua le chrétien avec une dague.
Au Ve siècle de l’Hégire (XIe siècle de l’ère chrétienne), un autre assaut contre le Hajar al-Aswad eut lieu. Cette attaque était orchestrée par un groupe de dix cavaliers envoyés par le calife fatimide al-Hakim bi-Amr Allah. Le groupe était dirigé par un homme brandissant une épée dans une main et une hache dans l’autre. Ibn Fahd Al-Makki relate cette attaque :
Après que l’imam eut conclu la prière du vendredi, le 29 Dhoul Hijjah, et avant que les pèlerins ne reviennent de Mina, un homme se leva, comme s’il recevait un signal, et frappa trois fois la Pierre Noire avec une hache. Il déclara : “Jusqu’à quand la Pierre Noire sera-t-elle vénérée ? Ni Mohammad ni Ali ne me dissuaderont d’agir, car aujourd’hui, j’ai l’intention de démolir et de reconstruire cette maison. Dix cavaliers postés aux portes de la mosquée le soutenaient. Cependant, un spectateur riposta en le poignardant. La foule l’encercla rapidement, le tua et brûla l’homme. Le Hajar al-Aswad resta endommagé pendant deux jours. Il y avait des éraflures sur sa surface, des fissures sur ses côtés et des fragments qui s’étaient détachés. Ses fissures présentaient des teintes brunes et jaunes. Des membres des Banou Shaybah ramassèrent les fragments tombés et utilisèrent une pâte à base de musc et de laque pour combler les fissures.
Dans son livre “La vertu de la Pierre Noire”, l’imam Ibn Allan raconte un incident survenu en 990 de l’Hégire (1582 de l’ère chrétienne). Un Irakien s’est approché de la Pierre Noire et l’a frappée avec une hache. Le prince Nasser Jawish, présent à la Kaaba, intervint et le tua d’un coup de dague.
Le cheikh Hussein Ba Salamah a relaté l’incident suivant dans son livre “L’histoire de la Sainte Kaaba”:
À la fin du mois de Mouharram, en 1351 de l’Hégire (1932 de l’ère chrétienne), un homme originaire d’Afghanistan déplaça un morceau de la Pierre Noire, vola une partie du tissu recouvrant la Kaaba et enleva de l’argent des environs de la Kaaba, entre le puits de Zamzam et la porte de Bani Shaybah. Les gardiens de la mosquée l’ont appréhendé et il a été exécuté en punition de ses actes.
Morceaux en Turquie
Enfin, sept morceaux de la Pierre Noire se trouvent à Istanbul et à Edirne, en Turquie.
À Istanbul, quatre morceaux sont exposés dans la mosquée Sokollu Mehmet Pasha. Un autre se trouve dans le mihrab de la Mosquée Bleue. Un autre morceau se trouve au-dessus de l’entrée du tombeau de Soliman le Magnifique. Lors de la rénovation de la Pierre Noire à l’époque ottomane, plusieurs morceaux de 10 cm de long ont été retirés de ses bords. Ils ont ensuite été placés dans la mosquée Sokullu Mehmet Pasha lors de sa construction, qui s’est achevée en 1571 de l’ère chrétienne.
De plus, on dit qu’un échantillon serait présent dans la Vieille Mosquée (également connue sous le nom de Grande Mosquée) d’Edirne, dans le nord-ouest de la Turquie. La pierre d’Edirne présente de nettes différences de couleur et de texture par rapport à celles d’Istanbul et de la Kaaba. L’imam de la Vieille Mosquée d’Edirne suggère que la pierre d’Edirne ne provient pas du Hajar al-Aswad mais plutôt de fragments du Hajar as-Sa’adah provenant du Coin Yéménite de la Kaaba.
Tawaf
Le Hajar al-Aswad joue un rôle essentiel dans le rite du Tawaf. Selon l’école Hanafi, il est considéré comme sounna de commencer le Tawaf par le Hajar al-Aswad. Cependant, les écoles Shafi’i, Maliki et Hanbali le considèrent wajib. Les Hanafis fondent leur position sur l’absence de directive spécifique concernant le point de départ du Tawaf dans les versets du Coran relatifs au Hajj. À l’inverse, les juristes des autres écoles s’appuient sur l’ordre général du Prophète ﷺ d’accomplir le pèlerinage comme il l’a fait.
Istilam
L’Istilam est l’acte d’embrasser, de toucher ou de faire un geste en direction du Hajar al-Aswad au début et à la fin de chaque circuit du Tawaf.
La sounna veut que la personne effectuant le Tawaf embrasse, touche ou salue la Pierre Noire lorsqu’elle passe à côté d’elle. En raison des grandes foules actuelles, il est impossible pour la plupart des gens d’embrasser ou de toucher la Pierre. Par conséquent, faire un geste en direction du Hajar al-Aswad est la seule option possible.
L’Istilam du Hajar al-Aswad se fait de la manière suivante :
- Embrasser – Si vous atteignez le Hajar al-Aswad, placez vos mains dessus, mettez votre visage entre vos mains et dites ” Bismi Llāhi wa Llāhu akbar (بِسْمِ اللّٰهِ وَاللّٰهُ أَكْبَرُ) ” et embrassez-la légèrement. Certains érudits ont déclaré qu’il est préférable de l’embrasser trois fois si l’on en a l’occasion.
- Toucher – Si vous êtes à portée de main mais que vous ne pouvez pas l’embrasser, touchez-la avec votre (vos) main(s) et embrassez votre (vos) main(s).
- Salutation – S’il n’est pas possible d’atteindre la pierre, ce qui sera probablement le cas, effectuez un Istilam symbolique à distance en faisant directement face au Hajar al-Aswad et en levant les mains jusqu’aux lobes des oreilles (comme vous le feriez en commençant la salah). Assurez-vous que vos paumes soient également tournées vers elle, comme si votre visage et vos mains étaient sur le Hajar al-Aswad, et dites ” Bismi Llāhi wa Llāhu akbar (بِسْمِ اللّٰهِ وَاللّٰهُ أَكْبَرُ) “. Vous pouvez embrasser vos paumes si vous le souhaitez.
Lorsqu’on tente d’embrasser le Hajar al-Aswad, il faut veiller à ne pas bousculer ou faire du mal aux autres. Même si embrasser la Pierre Noire est une sounna, il est interdit de causer du tort aux gens. Il ne faut jamais commettre un acte interdit dans le but d’accomplir une sounna. En cas d’affluence, il suffit de pointer la Pierre Noire avec sa main ou un bâton tout en récitant le Takbir, puis d’embrasser la main ou le bâton. Bien que le Prophète ﷺ ait embrassé la Pierre Noire directement, il a également fait un geste dans sa direction lorsque l’endroit était bondé. Cela indique que le fait de l’embrasser directement et de la montrer du doigt est considéré comme une sounna.
La supplication suivante, une du’a d’Ali I, peut être récitée en arrivant parallèlement au Hajar al-Aswad dans chaque circuit :
Bismi Llāhi wa Llāhu akbar. Allāhumma īmānan bika wa taṣdīqan bi kitābika wa wafāʿan bi ʿahdika wattibāʿan li sunnati nabiyyika Muḥammad ﷺ.
Au nom d’Allah, Allah est le plus grand. Ô Allah, par foi en Vous, par conviction en Votre livre, par respect de l’engagement envers Vous et par émulation de la sounna de Votre Prophète Mohammad ﷺ
Dans diverses cultures, y compris la tradition arabe, il existe une coutume toujours en-cours qui consiste à embrasser avec révérence les mains des parents, des aînés, des enseignants et des personnes de sagesse islamique en signe d’affection, de respect et d’hommage. Cette pratique, qui perdure à ce jour, est non seulement conforme à la tradition de notre Prophète ﷺ, mais sert également d’expression symbolique de la révérence à l’égard d’Allah. Ainsi, outre sa signification en tant que sounna révérée et rituel, l’istilam incarne métaphoriquement la démonstration du respect pour Allah sur terre. Par conséquent, lorsque les musulmans entrent dans le Masjid al-Haram, ils commencent par faire le Tawaf et embrassent la Pierre Noire en guise de “salutation” à Allah.
L’Istilam du Prophète ﷺ
Lorsque le Prophète ﷺ accomplissait le Tawaf, il touchait et embrassait le Hajar al-Aswad et touchait le Roukn al-Yamani. Abdoullah ibn Omar I dit :
L’Apôtre d’Allah ﷺ ne négligeait pas de toucher le Roukn al-Yamani et le Hajar al-Aswad à chacune de ses circumambulations.
[Raconté dans Sounan Abou Dawoud]
Abdoullah ibn Omar I raconta :
Lorsque le Prophète ﷺ touchait le Roukn, il récitait ” Bismillahi Wallahou Akbar “, et lorsqu’il arrivait au Hajar, il proclamait ” Allahou Akbar.
[Raconté dans al-Mouwahib al-Ladounniyyah]
Le Prophète ﷺ embrassait également sa main après avoir effectué l’Istilam du Hajar al-Aswad. Nafi’I rapporta :
J’ai vu Ibn Omar toucher la Pierre avec sa main puis embrasser sa main. Il dit : ” Je ne l’ai jamais abandonnée depuis que j’ai vu le Messager d’Allah ﷺ le faire “.
[Raconté dans Sahih Muslim]
Le Prophète ﷺ donna des instructions à Omar I sur la façon de se comporter lorsqu’il y avait du monde autour du Hajar al-Aswad. Waki I raconta :
Omar, tu es un homme fort. Ne bouscule pas au niveau de la Pierre, au risque de faire du mal à un faible. Si le chemin vers elle est dégagé alors salue-la. Sinon, fais-lui face et dis La ilaha illa Allah et Allahou Akbar.
[Raconté dans Mousnad Ahmad]
Lorsque le Prophète ﷺ accomplissait le Tawaf en étant sur son chameau, il pointait le Hajar al-Aswad avec son bâton et proclamait le Takbir. Abdoullah ibn Abbas I dit :
Le Messager d’Allah ﷺ accomplissait le Tawaf autour de la Kaaba en montant son chameau, et chaque fois qu’il atteignait le coin (de la Pierre Noire), il pointait vers lui avec quelque chose dans sa main et disait : ” Allahou Akbar”.
Le Prophète ﷺ ne touchait pas les deux coins restants de la Kaaba.
Omar ibn al-Khattab I dit :
Par Allah ! Je sais que tu es une pierre et que tu ne peux ni faire du bien ni nuire. Si je n’avais pas vu le Prophète ﷺ te toucher et t’embrasser, je ne t’aurais jamais touché ni embrassé.
[Raconté dans Sahih al-Bukhari]

